Competitions 3 et 6
Dans la 3 c’est Lighthouse qui tient la corde, phare aux pruneaux des plus indigestes pour ne pas dire indigent. Mince les anglishes nous avaient habitué à mieux, on se rattrapera sur la 6 où je parierais bien pour Man and boy. Restons dans la trois, à croire que la préselection nous glisse quelques tocards tout juste repêchés au box des non-partants. Le duo de tête est lourd et misérabiliste à souhait. Roumain ou hongrois, un voile de sanglots trop faciles nous plomberait la séance si l’on n’y prenait garde. On est entre la petite fille aux allumettes et l’arbre aux sabots, gare à l’ignition. Hors-concours car hors-norme, seul mi amigo invisible emporte l’appréciation par le rire chez les petits et les grands. Un ado en surcharge pondérale parvient à se dérider à l’aide d’un coup de cravache, celui d’un nouvel ami rémunéré par des parents désemparés devant le mutisme de leur bidourig.
Et si on se rattrapait sur la six, pensait-on. Non mais… laissons là les vagues à l’âme d’une Marina espagnole qui ne lésine pas sur les clichés (ce ciel de pleine lune sur musique sirupeuse pour célebrer l’amour naissant). Allons plutôt voir du côté du ciné british encore une fois. Man and boy ne défie pas les pronostics tant David Leon et Marcus Mc Sweeney savent y faire pour happer le spectateur dans une intrigue à couper le sifflet, dans un drame qui pourrait se passer près de chez vous. Pire, une embrouille immonde dans laquelle vous pourriez vous retrouver empêtré. Un ado incapable de s’expliquer rentre à la maison avec une égratignure, le père se fait son film c’est parti pour un tour. Malentendu se conjuge avec mésentente, l’enfer c’est le nouveau voisin, autant dire l’inconnu avec tous les préjugés et toutes les tares qui lui collent à la peau. Dans ce mélange explosif de haine et de rancœur c’est tout le monde qui finira par payer, le voisin de pallier a beau s'habiller comme un as de pique il ne sera pas en reste. La vérité est entre les mains du caméraman au jeu vif, qui remet tout dans l’ordre grâce à des éclaircissements à posteriori. Bref de quoi vous filer une belle claque et vous faire réflechir à deux fois avant de réclamer vengeance. Autre forme de violence, plus loin de chez vous dans On ne mourra pas. Amal Kateb nous livre un retour sur les années de plomb algériennes et la terreur fondamentaliste. Ici aussi on se trouve dans un immeuble où l’insouciance affichée parvient mal à cacher la peur de voir débarquer des fous de dieu en embuscade. Tout part et finit sur une bouteille de vin sans tire-bouchon et sur deux douzaines d’œufs qui ne feront pas d’omelette mais se briseront sous les balles assassines du FIS.