débats ouverts sur ABP
(kiosque à dreuze #6)
On dégoître beaucoup sur le site ABP (Agence Bretagne Presse), en français surtout. Outre la fenêtre ouverte et offerte aux langues de Bretagne il faut reconnaître qu'un tel média a ses vertus tant il offre une alternative au duopôle de la presse quotidienne régionale bretonne.
Les articles rédigés en breton suscitent très peu de réactions. Certains de ceux écrits en français déclenchent en ce moment des flots de posts. De plus en plus nombreux sont ceux qui montent au créneau et mettent le doigt, via commentaire, sur le caractère délateur d'une rédaction très zélée dans le domaine de l'affirmation identitaire. On touche ici au fameux dilemme simplificateur entre la culture du breton émancipé de l'emzao et l'acculturation d'un breton honteux et reclus dans la "prison hexagonale".
Le site est emmené par le dynamique Fabien Lécuyer qui contrairement à son prédécesseur Philippe Argouarch n'a pas la facheuse tendance à filtrer les réactions d'internautes pour ne garder que la crème de sa propre crème. Bien en prend à Fabien Lécuyer car le site ABP est très fréquenté et entraîne bien des débats. Ces joutes sont parfois houleuses, à tel point que, de Hitler à Staline, la Godwyn Law est souvent atteinte. Certains articles sont même retirés, comme celui de Philippe Argouarch mettant en pièces le mondial folk de Plozevet. Parmi les gens qui ont été outrés par ses propos on retrouve le président du comité d'organisation du dît festival. Appuyé ensuite par de nombreux bigoudens il n'a pas supporter de voir ses efforts ramenés à une culture qui selon Argouarch serait "figée dans le passé", et vous l'aurez deviné, "non ouverte sur le monde". En bref on est bien dans le thème "acculturation vs emsav". Vous pourrez lire ci-après un post que j'ai expédié et qui a été publié à la suite de nombreux commentaires au-sujet l'article intitulé "la bigoudène parodiée... au FIL et ailleurs", de la plume de Maryvonne Cadiou.
commentaire publié le 1er septembre :
Allez, voici Staline maintenant... Tout ceci est "caucase". C'est curieux que personne n'ai parlé ici du festival Kann Al Loar 2009 de Landerne(au. Au programme avait figuré la BP ou "Breizh Pride". Une sorte de happening mené par des jeunes acteurs dont certains apparaissent régulièrement sur l'antenne régionale de la tv nationale. Sur le pont des Rohans cette joyeuse troupe partait à la recherche du "bro Dway" et s'était livrée à une drôle de satire de la Bretagne bigoudennifiée, si mes souvenirs sont exacts l'ensemble avait été bien accueilli par le public. Les parodistes étaient coiffés non pas de rouleaux PQ mais de bouteilles plastiques, les filles grimées de telle sorte qu'ils était difficile de les reconnaître, j'avais relaté la chose sur l'hebdo en breton à l'époque (Ya! 215, gouere 2009). Les gars en costume traditionnel soufflaient dans des ballons de baudruche et les faisaient couigner. J'avais été personnellement un peu chiffonné et était resté interloqué par ce bazar un peu foutraque. L'article publié ensuite était d'un ton neutre, rien n'y avait été modifié par la rédaction. Les acteurs n'ont guère eu besoin de justifier le pourquoi du comment de leur spectacle, d'ailleurs apparemment personne n'a songé à leur demander. Alors pourquoi ce patakès Abépiste ? Pourquoi vouloir à tous prix aller fourrer son fri plus loin que les face d'ahuris de deux ou trois pékins qui sèment un peu la zizanie et s'amusent un bon coup. Cela ne les empêche guère d'entonner le bro goz et de danser. Je me rappelle une noce léonarde où je m'étais retrouvé à danser l'andro déguisé en bigoudène, orné de force d'un sac poubelle et coiffé d'un rouleau PQ. Les danseurs de fest noz avaient été dénichés dans l'assistance et s'étaient livrés de bon coeur à cette potacherie. Personne n'avait songé à faire du scandale. Dans de nombreuses noces bretonnes c'est devenu un rituel, certains pourraient y voir un exhutoire. A la lecture de cet article et de certains commentaires on se demande jusqu'où vont aller vos incursions lapidatoires dans la vie des gens : peb hini zo lip ga'd e damm kig, chacun est libre de son bout de viande... non ? A force de tout vouloir instrumentaliser ne craignez-vous pas de vous enfoncer dans un no man's land idéologique où personne ne vous suit ? N'êtes-vous pas en train de renverser le gant de la République Une et InDivisible pour asséner à votre tour un coup de main de fer, un prêt à penser hyper-codifié ? Autour de vous voyez donc tous ces mauvais bretons, ces salauds de pauvres, ces Plozevetiens (tiens l'article a disparu, et surtout les réactions indignées qu'il a suscité).
Ac'hanta Milig, poent distrei war an douar, hasta fo, emaint o drei da sot !
vers l'ABP : http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=23015#8560
voir aussi "Ya!" numero 215, juillet 2009, pour ceux qui lisent le breton.