Pressure cooker
Les clips de Coldplay, Radiohead, Franz Ferdinand et autres avatars boutonneux y sont pour beaucoup dans le succès des films and chips cocotte. Les briques UHT marquées 'missing' de Blur ça vous baratte du teenager demi-sel sur le retour. Soyons honnête avec Kev' et disons lui en ses mots que tout cela sent trop la méga arnaque consumériste déguisée en réflexion décalée sur le système. Non laissons-le, foin du moralisme à pépé avec son écrémeuse. Le lait caillé se trouve plus loin dans ce rayonnage d’images de synthèse, de facture plus ou moins récente. Du bon enfant pas si naif dans What’s virgin mean ?, équivoque linguistique en cuisine entre maman et sa petite fille. Dans That thing you drew le coup de crayon d’une fillette l’aide à se jouer de ses problèmes d'audition et du regard adulte, l’image est superbe du début à la fin.
Décidément ils sont très forts ces Brits quand il s’agit de nous dérouter et de nous égarer sur des sentiers jamais balisés dans des tours et détours ironiques qui renvoient le drame et la tragédie à leurs vieilles écoles. Ici on se retrouve en compagnie de monstres plus ou moins humains comme The eel, cette anguille à la croissance exponentielle qui vous pète un aquarium et vous répand une eau plus que trouble dans votre petit univers bientôt ravagé. Monstrueux encore ces mauvais porcs à deux jambes et deux bras qui capturent une jeune au look de teufeuse (How to pick up girls). Honneur est rendu au jazz de Rex Stewart et à la scène de ménage sur fond de vase ébréché dans conversation piece. Joy nous transporte sur la côte du West Riding of Yorkshire et nous voilà enchantés, ne faisant plus qu’un avec les habitants saisis sur place par le chant miraculeux d’un poisson qui aurait pu devenir sirène s’il n’avait pas eu la tête tranchée sur l’étal du poissonnier. Quand les lumières se rallument c’est hélas le chant de Damon Albarn qui clôt la séance comme en écho post britpop de la bande-annonce du festival, de quoi en garder un mauvais souvenir, c’était pourtant bien les cocottes… sans les vidéo-clips !
Depuis mardi et jusque dimanche midi Brest-sur-travaux connaît bel et bien son apothéose du film court, un quart de siècle. Yes indeed, time flies, le Rolling UK est bien calé derrière l’oreille et on se le fumera plus tard accompagné d’un délicat Scottish Blend. La panse de brebis farcie à la cocotte ? Ce n’est pas que les tentations nous étoufferaient, mais soyons Breizh before avant tout, pour un Brest Of bande originale de 25 ans au compteur, avec la cinémathèque de Bretagne, act local and stop thinking global, ici c'est Brest et on adore le film court, toujours !