Retour de Manchot à Brest

Publié le par envazao

 Pilou Pilou, le manchot de Lost And Found a retrouvé ses amis, ils les avaient abandonnés au centre de Brest-même depuis lundi au cinéma Liberté après la séance scolaire des contes et des couleurs. Pas si manchot que cela le Pilou, il a eu même eu les honneurs de la famille et des glaces bio made in Bohars offertes à tous les moussaillons à la fin de la séance Manchots and co.

Pas question de « faire la tortue », des manchots qui s’agglutinent sur la banquise lorsque le froid devient intenable. Mais s’attarder sur les banquettes du Quartz avant d’affronter la tempête bretonne, c’est permis. Il n’est pas non plus interdit se dire que ma foi on a passé un moment de quasi-extase dans le grand théatre au milieu des bambins et des pingouins, des instants de rêve : comme un pingouin dans l’ascenseur. Puis c’est la Suisse ou le no penguin’s land et pour finir en beauté Pilou Pilou le manchot perdu retrouvé puis encore perdu puis rebelote. Car on l’a retrouvé le maudit Pilou, d’ailleurs le voici sur scène et un micro à la main, il donne la réplique à un scientifique qui oeuvre à océanopolis et qui semble assez doué pour la comédie. Les petits sont ravis quand apparaît le manchot Dominique en dupleix du crabe aux Moulins-Blancs, il est avec Christine sa mère-nourricière qui lui gratouille la tête et le fait chantonner, c’est du délire dans la salle et il ne manque plus que les glaces à la sortie pour parachever le show avec du froid.

Moi Je, Super ?

Et dans un va-et-vient festivalier de mois noir… eh bien l’on colimaçonne de compet’ 1 en compet’ 2, l’on manque de passer in extremis à la cocotte minute. L’on pense aussi à se mettre sur son fifties plus one à la mode écolière au Vauban, accoutrement de rigueur pour passer une bonne et sauvage nuit des quancres. C’est le troisième jour du festival du film court de Brest et il est plus que temps de se mettre dans le rythme, de songer à faire siens tous ces programmes, ces films plus ou moins courts et plus ou moins intelligibles. Sans doute ne suffit-il pas  d'être intelligent ou d'avoir la fibre artistique pour appréhender Moi Je Super, première projection hexagonale de ce drôle de montage brinquebalant mis bout à bout par un certain Romain Grandadam de Paris Ile De France. Il s’est peut-être dit que là-bas à Brest, ça pouvait être un bon début. L’a tout compris, humour, auto-dérision et questions impertinentes sur la pratique artistique, l’on suit avec l’attention polie que l’on doit à l’art et à la réflexion sur l’art au 7èmeciel. Mais chut, silence, ça tourne... pas rond, c’est écrit sur le programme.

 

Bingo !

 Recadrons-nous en compétition. Action, violence, maltraitements mènent la danse dans un condensé macabre, souvent des sans-pap’ trimballés au gré des flux financiers du nouvel ordre mondial. Ainsi en est-il de Bingo, accordéoniste Tzigane démolisseur de métier, égaré dans des bouts de béton à rendre aux friches bataves. Il est en compagnie d’un russe et d’un tchétchène qui finiront par se réconcilier après une mémorable marave où les comptes d’ennemis et de frères se liquident à lampées de slivovitch. Extraordinaire bingo avec qui on s’la donne, de la misère pleine-face sur un écran de pleine-vie marqué de la jeune empreinte de Timur Ismailov, réalisateur Azeri. Turning est une histoire de vieilles oiselles pas si oisives. Des cocottes d’âge plus que mûr viennent donner la becquée au petit Robert qui fête ses 6 ans autour d’un conte d’empereur auquel on a fait la peau. Un festin nu pour une chair à vif dont on ne saurait nourrir sa propre progéniture.

 

Tête de turc

Half Term et Samaritanen dans la competition 2, le reste on peut oublier. Half Term , chronique pubère d'une semaine de vacances au pays de la suspicion adolescente et du désespoir flanqué dans un baril d’explosif. Il y a la peur d’un terrorisme qui ne terrorise que le petit immigré, musulman de préference, un sombre devenir placé entre drogues et islamisme, la fatalité sera presque une issue mais le destin saura se montrer plus léger. Samaritanen est une fable cruelle, instants norvégiens où l’on voudrait presque croire au triomphe du philantropisme. Ici c’est le Turc qui est invité à la fête et il ne fait aucun doute que l’hôte finira par se payer sa tête.

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Publié dans cinema

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